Le monde du BTP et la digitalisation : une histoire à écrire

En matière de digitalisation, le secteur du BTP commence doucement sa révolution. Pour autant, des solutions existent déjà et permettront, dans un avenir proche, de connecter deux univers qui jusque-là communiquaient peu entre eux : les secteurs de la construction et de l’exploitation des ouvrages.
Découvrez les explications de Pascal Berger, Directeur Général de Sixense Group dans l’interview écrite et vidéo ci-dessous.

 

 

Le processus de digitalisation du monde du BTP suit un rythme plus lent que celui d’autres secteurs. De ce point de vue, où en est-on ?

Nous en sommes encore au début de l’histoire, même si la digitalisation a démarré sur un certain nombre de sujets opérationnels, comme la supply chain ou le contrôle qualité qui suivent des procédures standards. Mais en ce qui concerne le cœur du métier, c’est-à-dire la construction d’une part, et l’exploitation des infrastructures d’autre part, force est de constater que les outils digitaux ne sont toujours pas au rendez-vous. Dans ces deux domaines, les intervenants sont très nombreux. L’un des défis de la numérisation réside justement dans l’orchestration de ces intervenants à partir d’informations communes auxquelles ils pourront tous accéder en temps réel. Dans ce contexte, les principes clés à mettre en œuvre sont la digitalisation des tâches et la captation d’informations sur l’état des travaux.

 

Pour quel objectif principal ?

Le but ultime sera de pouvoir surveiller l’ensemble du cycle de vie de l’infrastructure concernée et prendre ainsi les bonnes décisions. Aujourd’hui, deux mondes continuent d’exister séparément : celui de la construction d’un côté, et celui de l’exploitation de l’autre. Tous deux se digitalisent, mais séparément. Il existe donc une césure entre ces deux univers qui ne communiquent pas encore suffisamment entre eux. Ce processus continu reste donc à construire, l’enjeu étant de garantir la maîtrise des données sur tout le cycle de vie.

 

Existe-t-il déjà des solutions pour y parvenir ?

Nous avons effectivement une solution à proposer. Il s’agit d’une plateforme d’intégration de données qui répond au nom de Beyond. Cette plateforme peut être activée en phase de construction, tout comme elle peut ensuite être utilisée pour l’exploitation. La digitalisation s’opérera grâce à la multiplication des cas d’usage qui génèrent de la valeur. Cela aboutira finalement à la création d’une chaîne fluide, où les mondes de la construction et de l’exploitation se parleront grâce à l’apparition de standards qui concerneront les deux parties.

 

La responsabilité environnementale est l’un des nouveaux défis que doivent relever les entreprises du BTP. La digitalisation va-t-elle permettre de tenir les engagements de la profession dans ce domaine ?

Il y a un point majeur en termes de contribution environnementale auquel ces nouvelles technologies, et j’y inclus l’intelligence artificielle, vont pouvoir répondre. Elles offrent de nouveaux moyens pour garantir la pérennisation des ouvrages, c’est-à-dire allonger leur durée de vie. Grâce au suivi en temps réel, il sera possible d’obtenir une meilleure connaissance des modes de vieillissement et d’évolution des infrastructures. Le monde du BTP sera donc capable d’optimiser la maintenance, pour que les ouvrages durent plus longtemps et se prémunir par anticipation de tous risques, qu’ils soient liés aux événements du sol (éboulement, affaissement…), ou à la structure du bâtiment en lui-même.

 

Un article issu de #JMLECO BFM Business par Scribeo

Sixense, co-auteur de la nouvelle publication de l’ASCE

L’ASCE, American Society of Civil Engineers, représente plus de 150 000 membres de la profession de l’ingénierie civile dans 177 pays. Créée en 1852, l’ASCE est la plus ancienne communauté d’ingénieurs du pays. Elle est à la pointe d’une profession qui planifie, conçoit, construit et exploite le moteur économique et social de la société – l’environnement bâti – tout en protégeant et en restaurant l’environnement naturel.

 

Une nouvelle publication de l’ASCE

L’ASCE a récemment publié un nouveau livre sous le nom de « Remote Sensing for Monitoring Embankments, Dams and Slopes, GSP 322 » (Monitoring par détection de mouvement à distance pour les digues, barrages et pentes instables) . Il informe ses lecteurs sur la sélection ainsi que le déploiement d’un réseau de monitoring afin d’évaluer le comportement, la géométrie, totale et différentielle, pour des digues, des barrages, des glissements de terrain, et les conséquences du risque potentiel de ces mouvements sur les personnes et infrastructures. Il inclut des informations sur de nombreuses technologies permettant le déploiement de détection de mouvements à distance :

  • Radar (radio detection and ranging)
  • SAR (Synthetic Aperture Radar)
  • InSAR (Interferometric Synthetic Aperture Radar)
  • LiDAR (Light Detection And Ranging)
  • Photogrammétrie digitale et traitement d’image
  • MEMS  (Systèmes Microélectromécaniques)
  • Stations Totales Automatiques
  • UAS (Unmanned Aircraft Systems)

 

La contribution de Sixense à ce livre

Ce livre, sponsorisé par le Comité technique des digues, barrages et pentes du Geo-Institut, est le fruit de contributions de nombreux praticiens et académiciens pendant plus de 24 mois. Les équipes de Sixense USA et Iberia ont largement participé à ce travail collectif depuis la planification jusqu’à la rédaction des chapitres InSAR, AMTS, Satellite Internet et Case Histories. Praticiens et chercheurs trouveront cet ouvrage utile pour comprendre et utiliser la technologie de détection à distance actuellement disponible. Le livre permet de progresser sur le sujet et d’affiner le suivi de digues, barrages et pentes instables.

 

Le livre est disponible en anglais uniquement en version papier et numérique sur le site: ASCE Bookstore
Vous trouverez davantage d’informations sur chacun des chapitres de l’ouvrage sur le site : ASCE library